Nous passons près d’un tiers de notre vie à dormir. Pourtant, pour beaucoup, le sommeil est source de difficultés : nuits entrecoupées, réveils précoces, fatigue permanente… Environ une personne sur trois se plaint d’un mauvais sommeil.
À travers l’exemple de Pascal, 55 ans, découvrons les principaux troubles du sommeil et comment ils sont pris en charge en laboratoire du sommeil.
Quand le sommeil devient un problème : le témoignage de Pascal
Pascal se couche tôt, vers 20h. Il s’installe dans son lit, regarde la télévision jusqu’à 22h ou 22h30 selon les programmes, puis finit par s’endormir. Mais sa nuit est loin d’être réparatrice.
Il se réveille une à deux fois par nuit. Lors du deuxième réveil, souvent vers 3h ou 3h30 du matin, il ne parvient plus à se rendormir. Il se lève, s’habille, sort marcher, puis ne rentre chez lui que vers 9h.
Au réveil, les symptômes sont nombreux :
- fatigue intense dès le matin ;
- sensation de tête lourde ;
- jambes très lourdes ;
- bouche sèche au réveil ;
- ronflements signalés par son entourage.
Cette fatigue le suit toute la journée : il a moins envie de sortir, d’avoir des activités, et renonce à beaucoup de choses faute d’énergie.
Les grandes catégories de troubles du sommeil
Les spécialistes distinguent plusieurs types majeurs de troubles du sommeil. En comprendre les grandes lignes aide à mieux identifier ce dont on souffre.
1. L’insomnie
Les insomniaques sont les personnes qui dorment peu ou mal. Cela peut se traduire par :
- des difficultés à s’endormir ;
- des réveils fréquents pendant la nuit ;
- un réveil très matinal sans pouvoir se rendormir ;
- la sensation de ne pas avoir récupéré malgré une nuit passée au lit.
Vous pouvez découvrir les causes de l’insomnie en lisant l’article Insomnie : causes, symptômes et solutions naturelles
2. L’hypersomnie
À l’inverse, les hypersomniaques dorment trop ou ont un besoin excessif de sommeil, parfois accompagné de somnolence diurne importante.
3. Les parasomnies
Les parasomnies concernent surtout les enfants, mais aussi parfois les personnes âgées. Ce sont des comportements inhabituels pendant le sommeil, par exemple :
- somnambulisme ;
- terreurs nocturnes ;
- éveils confusionnels (on se réveille désorienté, sans comprendre où l’on est).
4. Les troubles respiratoires du sommeil
Depuis quelques années, les troubles respiratoires durant le sommeil sont mieux identifiés et classés. Ils incluent notamment le syndrome d’apnées du sommeil, qui se manifeste souvent par :
- des ronflements importants ;
- des pauses respiratoires pendant le sommeil (souvent observées par le conjoint) ;
- un sommeil agité et non réparateur ;
- une somnolence ou une fatigue importante en journée.
Ces troubles sont loin d’être anodins : ils augmentent le risque d’hypertension, de maladies cardiovasculaires et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).
5. Les troubles moteurs du sommeil
Les troubles moteurs pendant le sommeil incluent surtout les mouvements périodiques des membres. Ils se rencontrent fréquemment chez les personnes souffrant d’impatiences dans les jambes (syndrome des jambes sans repos), notamment chez les personnes âgées.
6. Les troubles du rythme circadien
Les troubles circadiens sont des perturbations de notre horloge biologique interne. Ils se traduisent par un décalage entre l’heure à laquelle on est fatigué et les horaires de vie habituels :
- la personne âgée qui se couche très tôt et se réveille très tôt ;
- l’adolescent qui se couche très tard et se lève tard.
Pourquoi les ronflements et la fatigue de Pascal inquiètent
Pascal présente plusieurs signes typiques d’un trouble respiratoire du sommeil :
- il ronfle (c’est son fils qui le lui a signalé) ;
- il se réveille plusieurs fois par nuit ;
- il est très fatigué dans la journée ;
- il a la bouche sèche au réveil (souvent liée à une respiration par la bouche la nuit).
Surtout, il présente des facteurs de risque cardiovasculaires :
- il a 55 ans, une tranche d’âge particulièrement à risque ;
- il souffre d’hypertension artérielle ;
- il a un ;
- il est diabétique.
Or, on sait que corriger les apnées du sommeil permet souvent :
- d’améliorer le contrôle de l’hypertension ;
- de réduire certains risques cardiovasculaires ;
- de diminuer la fatigue et de retrouver de l’énergie au quotidien.
Le rôle du laboratoire du sommeil
Face à ces symptômes, le médecin traitant de Pascal l’adresse à un laboratoire du sommeil, situé sur le site de Belle-Idée. L’objectif : confirmer ou non un syndrome d’apnées du sommeil et en mesurer la sévérité.
L’examen de référence : la polysomnographie
L’examen réalisé s’appelle la polysomnographie. Il s’agit d’un enregistrement complet des grandes fonctions du corps pendant la nuit. Cet examen est recommandé pour :
- quantifier les troubles respiratoires ;
- analyser la qualité du sommeil ;
- adapter ensuite le traitement (par exemple une ventilation nocturne en cas d’apnées sévères).
Concrètement, Pascal arrive au laboratoire du sommeil vers 17h. Il y passera la nuit jusqu’au lendemain matin.
La préparation avant la nuit
Une infirmière technicienne en électrophysiologie prépare le patient :
- Elle lui demande d’enfiler son pyjama, car une fois les capteurs en place, il ne pourra plus se déshabiller.
- Elle colle des électrodes sur les jambes pour enregistrer les mouvements.
- Elle place d’autres électrodes sur le cuir chevelu, le menton et autour des yeux pour analyser les différentes phases du sommeil.
Cette préparation dure environ 30 minutes. Une fois équipé, le patient peut encore se lever et sortir un moment, mais il garde tout le dispositif sur lui.
Qui consulte un laboratoire du sommeil ?
Dans ce type de centre, 70 à 80 % des patients présentent des troubles respiratoires du sommeil (comme les apnées). Les autres indications de polysomnographie sont :
- les mouvements périodiques des membres inférieurs, chez les personnes souffrant d’impatiences ;
- certaines parasomnies (comportements anormaux la nuit : parler, crier…), surtout chez l’enfant ou la personne âgée.
En revanche, les insomnies « simples » ne nécessitent pas toujours une polysomnographie. Elles sont le plus souvent évaluées :
- par des outils d’enregistrement à domicile, sur plusieurs jours ou semaines ;
- dans le cadre d’une thérapie cognitive et comportementale de l’insomnie.
Pourquoi il ne faut pas banaliser les troubles du sommeil
Ne pas bien dormir ne se résume pas à « être un peu fatigué ». Certains troubles du sommeil, en particulier les apnées du sommeil, ont un impact direct sur la santé :
- ils augmentent le risque d’hypertension difficile à contrôler ;
- ils favorisent les maladies cardiovasculaires ;
- ils peuvent provoquer une somnolence diurne à l’origine d’accidents (au volant, au travail).
Un homme sur deux ronfle à partir de 40 ans. À partir de cet âge, surtout en présence d’autres facteurs de risque, les troubles respiratoires du sommeil doivent être pris au sérieux.
Quand consulter pour un trouble du sommeil ?
Une consultation s’impose si vous remarquez :
- des ronflements importants et réguliers ;
- des pauses respiratoires observées par votre entourage ;
- un réveil fréquent avec la bouche sèche ou des maux de tête ;
- une fatigue intense dans la journée, malgré un temps suffisant passé au lit ;
- des comportements anormaux pendant votre sommeil (crier, parler, marcher…).
Un médecin généraliste peut déjà faire un premier bilan et, si nécessaire, vous orienter vers un centre du sommeil pour des examens plus poussés comme la polysomnographie.
Retrouver un meilleur sommeil : un objectif réaliste
Le cas de Pascal illustre une réalité fréquente : on s’habitue à mal dormir, à être fatigué, et l’on finit par considérer cela comme « normal ». Pourtant, de nombreux troubles du sommeil se repèrent et se traitent aujourd’hui efficacement.
Consulter, faire évaluer son sommeil, accepter de passer une nuit en laboratoire : autant d’étapes qui permettent souvent de retrouver, peu à peu, un sommeil plus réparateur et une meilleure qualité de vie.
D’autres solutions peuvent être envisagées dans l’immédiat. Notamment l’utilisation de certaines huiles essentielles dont la sélection des meilleures est disponible en comparatif.